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Après 40 ans, faut-il vraiment manger moins et faire plus de cardio ?

7 sept.
8 min de lecture

Vous mangez peut-être comme avant. Vous continuez à bouger, parfois même davantage. Pourtant, votre silhouette change, votre ventre s’arrondit plus facilement et vous avez l’impression que les stratégies qui fonctionnaient autrefois ne donnent plus les mêmes résultats.


Le premier réflexe est souvent de réduire les calories, de supprimer les glucides et d’ajouter encore un peu de cardio.

Mais si ce n’était pas la meilleure stratégie ?


À partir de la quarantaine, et plus particulièrement pendant la périménopause et après la ménopause, l’objectif ne devrait pas être uniquement de faire baisser le chiffre affiché sur la balance. Il devient essentiel de préserver le muscle, la force, les os, la capacité cardiovasculaire et l’énergie au quotidien.


Cela ne signifie pas que votre corps est « cassé » ou que votre métabolisme s’est brutalement arrêté. Cela signifie plutôt que vos priorités doivent évoluer.


Pourquoi le corps change-t-il pendant la transition ménopausique ?


La diminution puis l’arrêt de la production ovarienne d’œstrogènes participent à des modifications de la composition corporelle, avec notamment une tendance à une redistribution de la graisse vers la région abdominale. Cependant, les hormones n’expliquent pas tout.


L’avancée en âge, la diminution spontanée de l’activité physique, la perte progressive de masse musculaire, un sommeil perturbé, le stress, certains traitements ou encore des habitudes alimentaires devenues moins adaptées peuvent également intervenir.

Deux femmes du même âge ne vivront donc pas nécessairement les mêmes changements. Il est important de sortir des explications simplistes : tout n’est ni « hormonal », ni uniquement une question de volonté.


Le piège classique : manger beaucoup moins et faire toujours plus de cardio


Lorsque le poids augmente, la réponse paraît logique : créer un déficit calorique plus important et dépenser davantage.

À court terme, cette stratégie peut faire descendre la balance. Mais celle-ci ne distingue pas la graisse, l’eau et la masse musculaire. En cas de restriction trop importante, surtout si l’alimentation contient peu de protéines et que l’on ne pratique pas de renforcement musculaire, une partie du poids perdu peut provenir de la masse maigre.


Or, après 40 ans, perdre du muscle n’est pas anodin. Le muscle contribue à la force, à la mobilité, à l’équilibre, à la santé métabolique et au maintien de l’autonomie avec l’âge.

La question n’est donc pas seulement : « Comment perdre du poids ? »


Elle devient : « Comment réduire un éventuel excès de graisse tout en préservant ma force, mes muscles et ma santé ? »


C’est le principe de la recomposition corporelle. Elle est souvent plus lente et moins spectaculaire sur la balance, mais bien plus intéressante à long terme.


Après 40 ans, le muscle devient une priorité


Pendant longtemps, de nombreuses femmes ont été encouragées à utiliser de toutes petites charges et à multiplier les répétitions, par peur de devenir trop musclées.


Cette crainte est largement exagérée. Développer une musculature très volumineuse demande un entraînement, une alimentation et, souvent, des prédispositions spécifiques. En revanche, devenir plus forte est accessible et particulièrement utile.


Les recherches montrent que l’entraînement en résistance améliore la force et contribue au maintien ou au développement de la masse musculaire chez les femmes après la ménopause.


Le cardio et le renforcement n’ont pas exactement les mêmes effets : l’activité aérobie est particulièrement intéressante pour la santé cardiovasculaire et la réduction de la masse grasse, tandis que le renforcement apporte au muscle le stimulus dont il a besoin. Leur association est donc souvent plus pertinente que l’opposition entre les deux.


Faut-il obligatoirement soulever très lourd ?


« Lourd » ne désigne pas un nombre universel de kilos. Une charge lourde pour une débutante peut être légère pour une femme entraînée.


Le principe essentiel est la progression : le muscle doit rencontrer une résistance suffisamment exigeante pour devoir s’adapter. Si vous pourriez facilement effectuer vingt répétitions supplémentaires à la fin de chaque série, le stimulus est probablement trop faible pour développer votre force de façon optimale.


Cela ne signifie pas qu’il faut aller à l’échec à chaque séance ni commencer avec une barre très chargée. Il est préférable d’apprendre les mouvements, d’augmenter progressivement la résistance et de respecter ses capacités articulaires, son état de santé et son niveau de récupération.


Deux à trois séances hebdomadaires peuvent déjà constituer une base intéressante, à condition de travailler les grands groupes musculaires et d’être suffisamment régulière.


Les protéines : indispensables, mais pas magiques


L’entraînement indique au muscle qu’il doit s’adapter. Les protéines alimentaires lui fournissent les acides aminés nécessaires à sa réparation et à son renouvellement.


Avec l’âge, le muscle peut devenir un peu moins sensible au signal apporté par une petite quantité de protéines. C’est ce que l’on appelle la résistance anabolique. Cela ne signifie pas qu’il devient impossible de construire du muscle, mais que la qualité globale de l’alimentation et le stimulus de l’entraînement prennent encore plus d’importance.


Avant d’acheter des poudres ou de compter chaque gramme de leucine, commencez par observer vos repas : comportent-ils réellement une source de protéines en quantité suffisante ?


Selon vos préférences, cela peut être :

  • des œufs, du poisson, de la viande ou des produits laitiers ;

  • des légumineuses, du tofu, du tempeh ou d’autres produits à base de soja ;

  • des associations végétales variées au cours de la journée ;

  • éventuellement une protéine en poudre, si elle répond à un besoin pratique et non parce qu’elle serait indispensable.


Les besoins varient selon le poids, le niveau d’activité, l’objectif, l’âge, les apports énergétiques et l’état de santé. Une maladie rénale, par exemple, nécessite un avis médical avant d’augmenter fortement sa consommation de protéines.


Le point le mieux étayé n’est pas qu’une dose précise garantirait un résultat, mais qu’un apport suffisant, réparti entre les repas et associé au renforcement, est plus cohérent que l’essentiel des protéines concentré dans un seul dîner.


La « fenêtre anabolique » est-elle vraiment si étroite ?


Non, votre séance n’est pas perdue si vous ne buvez pas un shaker dans les trente minutes.


L’exercice augmente pendant plusieurs heures la sensibilité du muscle aux acides aminés. L’apport protéique total de la journée et sa répartition comptent davantage qu’un chronomètre déclenché à la fin de la séance.


En pratique, il est raisonnable de prévoir un repas ou une collation contenant des protéines dans les heures qui entourent l’entraînement, surtout si le dernier repas est éloigné. Mais inutile de transformer cette recommandation en source de stress supplémentaire.


Faut-il supprimer les glucides pour perdre du ventre ?


Les glucides ne se déposent pas automatiquement sur l’abdomen dès que l’on entre en périménopause.


La prise de graisse dépend d’un ensemble de facteurs : équilibre énergétique sur la durée, qualité globale de l’alimentation, niveau d’activité, sommeil, stress, génétique, traitements et contexte hormonal. Accuser un nutriment unique est séduisant, mais scientifiquement réducteur.


Les glucides fournissent notamment de l’énergie lors des efforts soutenus ou intenses. Les supprimer presque complètement tout en voulant progresser en musculation, pratiquer du HIIT et récupérer correctement peut devenir contre-productif chez certaines femmes.


Cela ne signifie pas qu’il faille en consommer sans discernement. La quantité et la répartition doivent être adaptées à l’activité, à l’appétit, aux objectifs et à la santé métabolique.

Privilégiez le plus souvent les aliments qui apportent aussi des fibres et des micronutriments : légumes secs, céréales complètes, fruits, légumes et féculents peu transformés. Les produits très sucrés peuvent avoir leur place occasionnellement, mais ils ne devraient pas constituer l’essentiel des apports.


La bonne question n’est donc pas : « Dois-je supprimer les glucides ? » mais : « Lesquels, en quelle quantité et pour répondre à quels besoins ? »


Le cardio reste un allié


Sur les réseaux sociaux, le cardio est parfois accusé de faire augmenter le cortisol, de bloquer la perte de poids ou d’aggraver systématiquement les symptômes de la ménopause.


Cette présentation ne correspond pas à l’état des connaissances.

Une vaste méta-analyse portant sur 101 études et 5 697 femmes après la ménopause conclut que l’exercice améliore la composition corporelle. L’activité aérobie est particulièrement efficace pour réduire la masse grasse, tandis que le renforcement favorise davantage la masse musculaire. Les programmes combinés permettent de travailler sur les deux dimensions.


Marche rapide, vélo, natation, danse, course ou cours collectifs : le meilleur cardio est aussi celui que vous pouvez pratiquer régulièrement et récupérer correctement.

Le problème n’est pas le cardio en lui-même. Il apparaît plutôt lorsque des séances nombreuses et intenses s’ajoutent à une alimentation insuffisante, à un mauvais sommeil et à l’absence de récupération.


Et le HIIT ?


Le HIIT alterne de courtes périodes d’effort intense et des périodes de récupération. Il peut améliorer la capacité cardiorespiratoire et représente une solution intéressante lorsque le temps est limité.


Mais il n’est ni obligatoire ni supérieur à toutes les autres formes d’activité dans toutes les situations. Et surtout, il ne signifie pas nécessairement sprint maximal.


Une femme sédentaire, très fatiguée, présentant des douleurs, un trouble cardiovasculaire ou n’ayant pas pratiqué depuis longtemps ne devrait pas commencer par des efforts « à fond ». L’intensité se construit progressivement. Dans certains cas, un avis médical ou l’accompagnement d’un professionnel de l’activité physique est nécessaire.


N’oublions pas les os


La baisse des œstrogènes accélère la perte osseuse chez certaines femmes. L’alimentation compte — notamment des apports adaptés en calcium, protéines et vitamine D — mais l’os a également besoin de contraintes mécaniques.


Le renforcement musculaire et les activités avec mise en charge sont donc importants. Lorsque la santé osseuse et articulaire le permet, des impacts adaptés, comme de petits sauts ou certains exercices multidirectionnels, peuvent apporter un stimulus supplémentaire.


Le gilet lesté peut augmenter la charge pendant certains exercices ou lors de la marche. Quelques études ont observé des résultats intéressants lorsqu’il était intégré à des programmes structurés, notamment avec des sauts. Mais marcher avec un gilet ne constitue pas, à lui seul, une garantie contre l’ostéoporose et ne remplace ni un entraînement complet ni une prise en charge médicale lorsqu’elle est indiquée.


En cas d’ostéoporose, de fracture vertébrale, de troubles de l’équilibre ou de douleurs importantes, les impacts et les charges doivent être individualisés.


Le pilier que l’on oublie souvent : la récupération


On peut avoir le meilleur programme d’entraînement et une alimentation parfaitement calculée : si le sommeil est très perturbé et que la récupération est insuffisante, progresser devient plus difficile.


Les bouffées de chaleur nocturnes, les réveils répétés, le stress ou les douleurs peuvent modifier la faim, la fatigue, l’envie de bouger et la capacité à s’entraîner. Dans ce contexte, demander toujours plus de discipline ne résout pas le problème.


Il peut être plus pertinent d’adapter temporairement le volume ou l’intensité des séances, tout en cherchant les causes des troubles du sommeil et les solutions appropriées. La récupération ne signifie pas forcément rester immobile : marche douce, mobilité ou séance légère peuvent aussi aider à maintenir une continuité.


Concrètement, par où commencer ?


Vous n’avez pas besoin de bouleverser simultanément votre assiette et tout votre emploi du temps.


Commencez par quelques repères :

  • introduire ou consolider deux séances de renforcement musculaire par semaine ;

  • conserver une activité cardiovasculaire régulière, adaptée à votre niveau ;

  • identifier une source de protéines à chaque repas principal ;

  • ajuster les glucides à votre activité au lieu de les supprimer par principe ;

  • inclure des aliments riches en fibres et varier les sources végétales ;

  • prévoir de véritables temps de récupération ;

  • suivre aussi votre force, votre énergie, votre tour de taille et votre aisance dans les mouvements, pas seulement votre poids.


L’intensité, la durée et la fréquence doivent évoluer progressivement. La stratégie idéale sur le papier ne vaut rien si elle est incompatible avec votre santé, vos symptômes ou votre vie réelle.


Après 40 ans, l’objectif n’est pas de revenir en arrière


Votre corps n’a pas besoin d’être puni parce qu’il change.


Il a besoin d’un entraînement suffisamment stimulant, d’une alimentation qui couvre ses besoins, d’une récupération réelle et d’une stratégie adaptée à votre situation.

Après 40 ans, le meilleur objectif n’est pas nécessairement d’être la plus mince possible. Il est de conserver un corps fort, mobile, énergique et capable de vous accompagner durablement.


Il ne s’agit donc pas de manger toujours moins ni de s’entraîner toujours plus.


Il s’agit de manger, bouger et récupérer avec davantage de justesse.

Cet article fournit des informations générales et ne remplace pas un avis médical, nutritionnel ou sportif individualisé. Une fatigue inhabituelle, une variation de poids importante ou inexpliquée, des douleurs, une maladie chronique ou une suspicion d’ostéoporose justifient une consultation adaptée.



Références principales

  • Khalafi M. et al. (2023). The effects of exercise training on body composition in postmenopausal women: a systematic review and meta-analysis. Frontiers in Endocrinology, 14, 1183765. https://doi.org/10.3389/fendo.2023.1183765

  • Snow C.M. et al. (2000). Long-term exercise using weighted vests prevents hip bone loss in postmenopausal women. The Journals of Gerontology Series A, 55(9), M489–M491. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/10995045/

  • Jäger R. et al. (2017). International Society of Sports Nutrition Position Stand: protein and exercise. Journal of the International Society of Sports Nutrition, 14, 20. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28642676/

  • Rizzoli R. et al. (2014). The role of dietary protein and vitamin D in maintaining musculoskeletal health in postmenopausal women. Maturitas, 79(2), 122–130. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25082206/


 
 
 

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